Un ministre à l'école du Québec

Publié le par UMP Quebec

De passage à HEC Montréal hier, le ministre de l’Éducation, Luc Chatel, a dressé un tableau alarmant du système éducatif français. La France, héritière de Jules Ferry, est à la traîne des pays de l’OCDE au classement PISA (1).

Le ministre veut investir sur la qualité de l’enseignement car il estime que « notre monde n’a jamais eu autant besoin d’éducation pour lutter contre l’extrémisme» et que le décrochage scolaire conduit à de graves difficultés sociales.

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« La Chine forme d’avantage d’ingénieurs par habitant que la France » a constaté Luc Chatel, devant un auditoire composé en majorité d’étudiants français. Alors que 80% des ingénieurs dans le monde sont formés en Asie du Sud Est, la France manque de scientifiques et de jeunes. Et pourtant, 21% du budget de l’État français sont consacrés à l’éducation et le budget par élève a augmenté de 80% en 30 ans (en euros constants).

 « L’égalitarisme a fait trop de mal à l’école française » regrette-t-il. Alors qu’en 1982, 20% d’une même classe d’âge obtenaient son baccalauréat (diplôme obtenu à 18 ans permettant d’accéder à l’Université), ils sont aujourd’hui trois fois plus. Il n’en reste pas moins qu’un étudiant sur deux échoue à l’Université, et que 120.000 jeunes décrochent chaque année du système scolaire.

 

« Le diplôme est une arme anti-crise »

À l’égalitarisme, Luc Chatel veut répondre par la différenciation, la  personnalisation, l’autonomie des établissements, et l’association des personnels; l’Éducation Nationale, que l’un de ses prédécesseurs avait qualifié de « mammouth », compte 1 million de personnes. Luc Chatel entend bien les associer, leur fixer des objectifs et surtout revaloriser leur salaire. Un enseignant débutant gagne 1500 euros (2000$).

Il plaide pour un soutien scolaire personnalisé, un parcours éducatif adapté « pour ne pas faire décrocher les mauvais ». Mis en place il y a quelques années par le gouvernement, le soutien scolaire concerne aujourd’hui 40% des collégiens français.

Même s’il reste attaché au système centralisé français et aux diplômes nationaux, Luc Chatel a cédé une certaine autonomie aux établissements scolaires afin de leur permettre de mener des projets pédagogiques adaptés. L’autonomie des universités françaises promise par Nicolas Sarkozy est déjà une réalité. Le ministre a rappelé que l’Université française est gratuite et de qualité, et que le gouvernement Sarkozy a investi 35 milliards d’euros.

Il a enfin salué l’impact des nouvelles technologies, et la place majeure qu’elles tiennent dans l’éducation car « elles concurrencent le prof » et élargissent le champ pédagogique.

Le ministre est venu observer les méthodes québécoises et ontariennes qui permettent à ces provinces d’être en bonne place au classement PISA. Il a visité plusieurs établissements scolaires et s’est entretenu vendredi avec Line Beauchamp, ministre de l’Éducation du Québec.

(1)   le Programme International pour le Suivi des Acquis des étudiants vise à mesurer les performances des systèmes éducatifs des différents pays de l’OCDE

Publié dans Société

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