Notre Sénateur et ami Louis Duvernois à Québec

Publié le par Odile Marielle Dubois & Nadine Cambefort

 

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De gauche à droite : François Lubrina, Georges Mosser, Louis Duvernois, Jean-Luc Boulay, Hélène Le Gal
(photo : Louise Leblanc).

 

Louis Duvernois, sénateur des Français établis hors de France, gaulliste convaincu et membre de l'UMP, est venu passer quelques jours à Québec. À l’occasion de ce séjour, le sénateur Louis Duvernois, François Lubrina, Georges Mosser et Jeanine de Feydeau de Saint-Christophe, conseillers élus à l'Assemblée des Français de l’Étranger ont soutenu les parents d’élèves du collège Stanislas qui demandent la mise en place des classes de première et de terminale qui permettraient aux jeunes Français et Québécois scolarisés dans cet établissement devenu lycée de compléter leur cursus secondaire.

Le dimanche 2 Mai, en présence d’Hélène Le Gal, Consule générale de France à Québec, de Georges Mosser et des compatriotes représentant différentes associations françaises, Louis Duvernois a assisté à une messe célébrée à la Basilique-Cathédrale Notre-Dame de Québec suivie d’une cérémonie commémorant Jeanne d’Arc, patronne des Français expatriés au Canada. À cette occasion, notre consule a rappelé qu’il fallait que la France se réapproprie cette figure historique féminine qu’elle associe à la construction de l’Europe ainsi qu’à la Résistance.

Lors de la journée organisée le 1er Mai par l’AUFREQ (Association des Universitaires Français de la Région de Québec) nous avons pu rencontrer Louis Duvernois qui nous a confié quelques souvenirs et sa vision de l’avenir pour les Français installés au Québec.

Journaliste pendant 22 ans à l’AFP, Louis Duvernois, alors correspondant au Canada, a accompagné le Général de Gaulle lors de son voyage au Québec en 1967. Quatorze journalistes faisaient partie de la délégation parmi lesquels, Jean Mauriac affecté par l’AFP auprès du Général. Louis Duvenois a couvert les premiers accords de coopération France Québec qui s’étaient négociés avec Jean-Paul L’Allier âgé de trente ans à l’époque. C’est Alain Peyrefitte, alors Ministre de l’éducation qui fut chargé de négocier les accords. Arrivant à l’aéroport de Québec dans ce but il déclara : «  Le Général est passé, l’intendance suit, je suis l’intendance ! ».

Ces accords de coopération France-Québec se sont déclinés dans divers domaines liés à l’éducation.

Ce fut la création de l’office Franco Québécois de la Jeunesse (OFQJ). Des accords sur l’éducation avec l’envoi de centaines de coopérants français venant enseigner dans les écoles québécoises en accord avec la nouvelle loi 101 sur l’enseignement en Français. Plus de 40 ans après le voyage du Général de Gaulle au Québec la coopération Franco-Québécoise a besoin d’être toilettée. Mais le problème auquel nous nous heurtons c’est que, autant l’administration publique française est l’outil de l’exécutif et applique les décisions du politique, autant l’administration publique québécoise, fondée sur un fonctionnement anglo-saxon, est très indépendante et force est de constater que nos interlocuteurs politiques Québécois ont peu de pouvoir sur leur propre administration. En conséquence, même si les élus sont conscients de lacunes dans les accords de coopération, notamment en matière de reconnaissance des études réalisées en France et des compétences, il leur est difficile de faire évoluer les choses.

L’avenir est à la coopération décentralisée : entre collectivités françaises et québécoises, entre universités ou pôles technologiques et pôles d’excellence.(NDLR : On peut  noter que la ville de Québec par la bouche de son maire Régis Labeaume a exprimé le souhait de pouvoir s’occuper elle même de sa politique d’immigration de manière à ce qu’elle soit plus efficace et plus adaptée aux besoins de la ville. Des MRC signent des partenariats directs avec des agglomérations ou des départements français).

Il est en effet délicat de faire fonctionner des relations bilatérales France Québec, car la France est souveraine de plein droit alors que le Québec s’inscrit comme province d’un état fédéral et ne peut négocier que dans ses domaines de compétence délégués, dont la formation, ce qui a permis d’aboutir à l’Entente France-Québec sur la reconnaissance des qualifications professionnelles signée le 17.10.2008. Pour les professions et métiers réglementés sont ensuite signés des  "accords de reconnaissance mutuels". Les ARM ne sont qu’un premier pas. Si on prend le cas des médecins par exemple, les médecins québécois sont des fonctionnaires payés sur le budget de l’état. Donc si le Québec fait venir demain les 800 médecins qu’il lui manque… qui pourra les payer alors que le gouvernement est confronté à des coupures budgétaires ?

La Délégation du Québec à Paris a des objectifs de rentabilité et recherche les personnes les mieux diplômées et les plus susceptibles de s’intégrer ce qui sous entend qu’elles affichent une capacité financière suffisante pour rester quelques mois en recherche d’emploi sans devoir accepter n’importe quel poste « alimentaire ». Or la réalité du Québec c’est que l’économie a surtout besoin de bras, et de techniciens. Il serait souhaitable que dans la sélection des candidats, le Ministère de l’Immigration et des Communautés Culturelles privilégie l’intégration professionnelle à la sélection, ce qui permettrait de retenir des personnes plus en accord avec les besoins de l’économie, et plus à même de s’intégrer au travers des postes qu’on leur propose à leur arrivée. Accueil Français de Québec (AFQ) a d'ailleurs été créée en mais 2006 pour orienter et conseiller les postulants à l'immigration et pour ensuite aider les nouveaux arrivants français à s'intégrer à la société Québécoise

Lors de son passage à la Maison des Français (siège de la Société Française de Québec créée en 1875 et d'Accueil Français de Québec) le Sénateur a rappelé que le Sénat avait contribué à la construction de la première maison, et a incité la communauté française à continuer de construire des activités autour de ce lieu, afin de faire rayonner la communauté française de Québec.

 

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